Innover et réussir par l’échec / Yann Marchand

Gaël Revelin (Savoie) introduit l’atelier devant une quinzaine de participants en s’étonnant du peu d’échos que rencontre cette thématique dans la littérature professionnelle (aucun dossier consacré à ce sujet dans le BBF).
Un billet de Nicolas Morin sur Biblioacid en juin 2004, s’appuyant sur le
retour d’expérience oral de Jean Bernon (Lyon 3) sur un échec de réinformatisation , appelait de ses vœux la restitution d’expériences malheureuses.

Il y faisait le constat que l’informatique et l’informatisation des bibliothèques n’étaient pas des processus continus comme on pourrait le croire mais que des embranchements et retours en arrière sont parfois nécessaires.

International : Gaël Revelin constate que la difficulté à parler de ses échecs n’est pas propre à la France et cite l’exemple de Libsuccess.org et de l’initiative Learning from failure, qui n’a pas marché.

Témoigner d’un échec, quel qu’il soit, n’est pas évident pour le responsable ou l’encadrant : peur du jugement, de l’impact sur la carrière, démotivation personnelle ou d’équipe. C’est dommage car ce sont des situations courantes voire usuelles et que des retours pourraient être utiles à la communauté. Idée qu’un projet est forcément positif : on nie par là même la possibilité de l’échec.

Pierre-Yves Cachard (Le Havre), Jean-Charles Niclas (BM Angers), Nicolas Alarcon(Angers) et Yann Marchand (Strasbourg) présentent des cas concrets (programmation d’un bâtiment, organisation du service public, projet RUOA d’enrichissement des listes bibliographiques d’enseignants) et comment l’échec a pu partiellement ou complètement être dépassé. Nicolas Morin (Toulouse) regrette que la logique de la démarche projet (programmation, indicateurs, plannings), etc.) ne soit pas suffisamment répandue : on confond parfois groupe de travail ou projet avec la démarche projet. Cela renvoie à la question de l’évaluation : qui est légitime pour dire qu’il y a échec ou réussite ?

Olivier Tacheau (Angers) défend l’idée qu’il faut apprendre à assumer un échec, individuellement, hiérarchiquement et en équipe, qu’une culture doit être construite autour de cela. Un droit à l’échec devrait exister dans les bibliothèques. Reconnaître l’échec, c’est être derrière capable de rebondir, idée de la plasticité.

Constat collectif 1 : il faut accepter de prendre le temps d’expliquer et convaincre (les agents, les équipes, les publics, etc.).

Constat collectif 2 : un projet n’est jamais linéaire, contrairement à la théorie, il bifurque, dévie.

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6 commentaires pour Innover et réussir par l’échec / Yann Marchand

  1. nicomo dit :

    précisions par rapport à la mention, dans le compte-rendu, d’un « retour d’expérience oral de Jean Bernon (Lyon 3) sur un échec de réinformatisation » :
    * Jean Bernon vient de finir un projet de réinformatisation à Lyon 3, avec moi (N. Morin) comme prestataire : ce n’est pas de ce projet dont il est question ici.
    * Il s’agissait, en 2004, d’une discussion autour de Libra, d’une part
    * et surtout autour de l’idée, à partir de l’informatisation initiale de la BM de Lyon dans les années 1970, qu’on concevait rétrospectivement l’informatisation comme un progrès linéaire en bibliothèque, quand dans les faits il y a eu beaucoup d’échecs, de pas en arrières, etc.

  2. Nicolas Andry dit :

    Bonjour,

    Dans le cas des projets d’informatisation ou de ré-informatisation, peut être pourrions nous aussi voir du côté des Processus unifiés avec des développements itératifs. Ce qui oblige les fournisseurs et les clients à discuter continuellement autour de besoins des usagers. La gestion du risque fait partie intégrante de la méthode puisque les feed back constants entre le maitre d’œuvre et le maitre d’ouvrage permettent de faire avancer le projet dans le bon sens . Reste à savoir ce qu’en pense les fournisseurs de SIGB ou de portails.

  3. Ping : SAV du Bibcamp « 24 hour library people

  4. Ping : L'Arche Dénouée Professionel - Service des Bibliothèques - Université de Toulouse

  5. Ping : Ateliers in Angers | Frankophone bibliothekarische Weblogs

  6. salma dit :

    je cherche des activités pour animer un atelier sur la thématique, des idées qui peuvent aider SVP?
    merci d’avance

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